Parler de Mya éveillât en Nienor des souvenirs qu’elle aurait préféré garder dans l’oublie, elle fermât les yeux… mauvaise idée, des images lui apparurent ou se mêlaient les cris, le sang, l’éclat des armes, cette odeur de mort et puis… Elle ouvrit les yeux, et réussit à ravaler ses larmes… non elle ne voulait pas penser à ça, pas maintenant, même si elle devrait en parler bien assez tôt à son goût.
Personne ne se rendit compte du trouble qui s’était emparé d’elle sauf Sekmeth qui était revenu de sa chasse entre temps et faisait sa toilette au coté de sa maîtresse. Il avait posé son regard calme sur elle, pour le rassurer elle passa sa main dans sa crinière et lui tira l’oreille gentiment.
En reposant les yeux sur ses compagnons elle se dit qu’elle était heureuse que seul Sekmeth puisse lire en elle. Cela lui avait sauvé la vie plus d’une fois, cette carapace de froideur était un avantage non négligeable… si elle avait montré qu’elle avait un cœur, elle n’aurait pas réussit à survivre jusque ici.
« Mya… » murmura t’elle avant de reprendre son récit.
Mya m’avait dit de ne prendre aucune affaire personnelle, juste un sac avec autant de vivre que je puisse porter, c'est-à-dire pas grand-chose… Mais j’avais tout de même réussit à cacher la lettre de ma grand-mère au fond de mon sac, je ne voulais pas laisser derrière moi ce dernier lien avec la seule personne qui m’est aimée.
Cela faisait déjà une semaine que nous marchions vers l’est, pour une petite fille de 6 ans qui n’avait jamais voyagé plus loin que le village voisin c’était assez éprouvant mais Mya s’arrêtait dès qu’elle sentait que j’étais trop fatiguée. Nous ne parlions pas beaucoup toutes les 2, nous marchions en silence et cela me pesait beaucoup car j’étais habituée à discuter toute la journée avec ma grand-mère. Je ne savais pas quoi lui dire… et je veux bien l’avouer, elle me faisait encore un peu peur.
Le soir de notre 7éme jour de marche alors qu’elle était partie chasser de quoi nous nourrir, j’essayais désespérément d’attacher mes cheveux. La coupe que je m’étais faite sur le lit de mort de ma grand-mère n’étais pas très réussit, il faut bien le dire, et pas très pratique par cette chaleur car l’arrière me recouvrait la nuque. Ce n’est que lorsque je senti sa main froide sur mon épaule que je me rendis compte qu’elle était entrée de sa chasse.
- Tu as besoin d’aide ?
- Euuh… Je n’arrive pas à m’attacher les cheveux…
Elle me regardât avec ce même regard qu’elle avait eu lors de notre première rencontre et cela me mit mal à laise.
- Je vais t’arranger ça….
Elle enlevât de sa botte son couteau et remarquât ma surprise et ma crainte.
- Ne t’inquiète pas je ne t’égorgerai, dit-elle avec un doux sourire si apaisant…
Je me suis alors demandée comment une femme capable d’une telle douceur pouvait être une nécromant… Elle me fit tourner la tête et commençât à passer ses mains dans mes cheveux.
- Tu as quelques choses contre une coupe de cheveux courte ?
- Non madame…
- Très bien, car en même temps tu n’as pas le choix me répondit d’elle d’un ton enjoué.
Elle commençât ma coupe… un silence pesant s’installât à nouveau, puis elle pris la parole l’air songeuse.
- Nienor lorsque nous arriverons au camp demain je serai obligée d’être dure avec toi… Mais sache que je le fais pour toi… J’aimerais être ton Maître et je sais qu’ils ne l’accepteront pas si je leur demande. Il faudra donc qu’ils pensent qu’ils ont eu cette idée seuls et que ça me pourrira la vie…
Elle me tournât face à elle.
- -Haaaa c’est beaucoup mieux ! Demain sera ta première leçon Nienor… la manipulation !
J’ai hoché la tête ne comprenant pas tout ce qu’elle me disait. Elle sourit en passant sa main dans mes cheveux.
- Quand je te vois j’ai l’impression de me revoir à mes 6 ans… tu ne trouves pas qu’on se ressemble beaucoup ma belle ?
- Oui un peu…
Et c’était vrai… Mya avait la même peau blanche, les mêmes cheveux d’un blanc de neige que les miens qui lui retombaient sur le visage, un visage rond et des yeux du même vert que les feuilles des arbres. Je la trouvais très belle à vrai dire, oui très belle surtout quand elle souriait…
Le lendemain en milieu d’après midi nous sommes arrivées en vu d’un camp perdu au fin fond d’un marais. Les enceintes était faites de bois et on devinait à l’intérieur le toit de nombreuses grandes maisons de pierre. Ce « camp » était 2 fois plus grand que le village d’où je venais et pourtant ce n’était pas petit !
- Le jeu commence Nienor…
Et elle accéléra le pas, elle marchait très vite pour mes petites jambes, j’essayais de la suivre tant bien que mal mais c’était dur !
- Mya attend moi ! Je n’arrive pas à te suivre !
Aucune réponse…
- Mya !
- Avance petite ! me hurlât elle dessus en me regardant d’un regard mauvais, ses traits avaient repris cette expression carnassière.
Mes lèvres laissèrent échapper un cri de surprise auquel elle ne prêtât aucune attention.
Une fois rentrée dans le camp elle s’arrêtât devant le plus grand des bâtiments. J’étais totalement essoufflée, mon cœur battait à tout rompre.
- Reste ici petite ! me dit –elle d’un ton sec. Et ne t’avise pas à aller traîner tu m’entends !
- Oui Mya…
- Pourquoi ai-je dis mon nom à cette gamine ?!
Sur ce elle rentrât dans le bâtiment. J’attendis plus d’une heure dehors sous un soleil de plomb que la chaleur humide des marais rendait encore plus insupportable. Lorsqu’elle réapparue elle était accompagné d’un très grand homme à la peau grisâtre et au visage couverte de cicatrice.
- C’est-elle ?
- Oui Maréchal !
- Vous êtes sure qu’elle a le potentiel ?
- Oui Maréchal j’ai senti son aura des kilomètres avant sa demeure.
- Mwé… elle a intérêt d’être bonne avec ces 7 mois de retard ! Non mais quelle idée de la laisser tout ce temps à cette vieille femme ! Vous avez vraiment fait preuve d’une faiblesse indigne de votre rang Commandant !
- Je sais, et j’implore encore votre pardon, j’ai du être troublée par son aura.
- C’est vrai qu’elle est puissante pour son âge… mais tout de même vous êtes l’élite de notre organisation Commandant une telle faute n’aurait jamais dû se produire !
- Oui Maréchal.
- Allez la présenter au Général Vizari qu’il lui trouve un maître pour commencer au plus vite sa formation. Rompez !
Mya m’attrapa par le bras
- Viens petite !
Elle le serait fort, s’était douloureux mais je faisais de mon mieux pour ne pas le montrer. Après quelques mètres nous sommes rentrées dans une bâtisse carrée composée d’une seule et immense salle dont le plafond était soutenu par d’énormes troncs d’arbres où étaient plantées des torches. Dedans se trouvait 1 très grand homme à la peau d’un noir d’ébène entouré d’une dizaine d’enfants de mon age. Arrivée à sa hauteur Mya lâcha mon bras et se raidit en portant son poing à la poitrine.
- Je vous amène la fillette Général !
- Haaaaa Mya… tu as enfin réussi à nous la ramener… tu as réussi à vaincre cette vielle femme cette fois ?
- Elle était morte quand je suis arrivée Monsieur.
- Ceci explique donc la réussite de ta mission, les albinos ne sont pas fiable je l’ai toujours dit…
Mya fit mine de ne pas relever l’insulte mais je sentais bien qu’elle bouillait intérieurement. Le Général s’avançât vers moi…
- Quel est ton nom ?
- Nienor Monsieur, fille de…
A ce moment là il me frappât du revers de la main, il n’avait pas ménagé sa force et il m’envoyât 5 mètres plus loin.
- Tu n’es la fille de PERSONNE !!!! Tu es une élue de Grenth destinée à devenir l’élite des nécromants ! Les Nécromants n’ont pas de famille ! Est-ce bien compris !
- Ou… Ou… Oui Monsieur.
Les mots avaient du mal à sortir, la force de son coup m’avait ouvert la lèvre inférieure et l’intérieur de la joue. Le goût du sang m’emplissait la bouche, ce goût métallique et chaud qui deviendrait si familier avec le temps.
- Mon GENERAL ! Par Grenth qu’elle est gourde ! En même temps c’est une albinos il ne faut pas chercher plus loin… Vous avez beaucoup de point en commun Mya et…
Il s’arrêtât de parler et regardât Mya droit dans les yeux un sourire mauvais se dessinant sur son visage. Elle n’avait pas bougé quand il m’avait frappé, elle était restée droite, le visage impassible en regardant la scène sans émotion.
- Personne ne voudra d’elle, elle est arrivée trop en retard pour qu’on puisse en sortir quelque chose cette année… et ceci par ta faute Mya… Elle sera ton élève !
- QUOI !
- Contestes-tu ma décision ?
- En quelque sorte, je ne veux pas d’élève ! J’ai pour mission de les rechercher pas de les former. C’est le Maréchal qui m’a donné cette affectation.
- Et bien je lui parlerai de ma décision et je suis sur qu’il ne verra pas d’objection a changer ton affectation… Il serait injuste de pénaliser un autre instructeur à cause de ton incompétence l’albinos !
- Je…
- TU rien ! C’est un ordre ! J’ai une idée… J’accepterai de t’enlever son enseignement si dans 6 mois lors du passage de ces élèves ta chère apprentie réussit à vaincre mon poulain Gaïus. Il montrât du doigt un jeune garçon à la peau noir et aux cheveux rouge sang. Qu’en dis-tu ?
- J’accepte ! Elle n’en fera qu’une bouché soit en sur !
Sur ces mots elle me soulevât par le bras et me traînant derrière elle vers la sortie de la salle sous les éclat de rire du Général.
- Et voilà ta première leçon ma petite… j’espère que tu as pris des notes ! dit t’elle en gloussant lorsqu’elle fût sure que personne ne pouvait nous entendre. Laisser croire à ceux qui dirigent que les idées lumineuses viennent d’eux, et s’ils te détestent que ça te pourrira la vie. Nous arrivons chez nous ma belle…
Elle ouvrit la porte d’une petite cabane en pierre avec un sourire qui illuminait son visage et la rendait si belle… ce sourire qu’elle n’avait que pour moi…